DON CHISCIOTTE (1750)
de
Padre Martini (1706-1784)
• Une fable lyrique baroque mêlant
comique et fantastique
Le décor: un bosquet. Les personnages: Don Quichotte,
vêtu de son invraisemblable armure de cuisine, et son serviteur
Sancho Pança voyagent de compagnie. Don Quichotte n'aime rien tant
que son confort, il s'endort béat. Mais son réveil paisible
ne dure pas, interrompu par l'arrivée de la belle Nerina, une magicienne
somptueusement parée, inquiétante, batailleuse et franchement
effrayante pour notre héros fatigué. Un combat rapide tourne
vite à la déroute pour le pauvre Don Quichotte.
Poussé par Nerina, il doit même affronter
une aventure bien peu désirée: aller conquérir un
trésor en charmant sa gardienne, une étrange statue animée
qui ne pense qu'à danser. Mais Nerina et ses esprits servants disparaissent.
Le combat de Nerina et de Don Quichotte devient spectaculaire,
notamment dans la seconde partie de l'intermède: c'est là
que l'imaginaire envahit le réel, les exorcismes et les sorcelleries
de la magicienne apportant une couleur sombre et dramatique, qui laisse
présager Cherubini et Mozart.
•
Des artistes confirmés, de somptueux costumes
Les deux excellents
interprètes de ce spectacle, la soprano Isabelle SABRIE et le tenor
Christophe MORTAGNE, ont tous deux déjà
chanté de très grand rôles sur la plupart des scènes
de Paris et de province. Leur grande qualité scénique et
vocale est accompagnée par un orchestre de chambre (quatuor à
cordes, clavecin) composé des membres du Quatuor Simon qui garde
à toute l'oeuvre son caractère intimiste.
Car ce Don Chisciotte
de G.B. Martini (1706-1784) appartient à la catégorie des
intermezzi (intermèdes), ces courtes fables lyriques qui étaient
représentées entre les actes des interminables "opera seria".
Ils étaient plus que toute oeuvre faits pour plaire, car ils étaient
conçus pour donner aux spectateurs un moment de détente
et d'évasion loin des drames des dieux et des déesses de
la mythologie.
L'oeuvre est servie
en outre par les somptueux costumes imaginés par le costumier,
décorateur et arionnettiste catalan Rafael
Esteve. Ceux qui ont vu un seul de ses spectacles ne peuvent jamais
oublier les superbes collerettes ou crinolines toujours pleins d'humour
et d'élégance, complétés par les accessoires
les plus fous, les tissus les plus chatoyants, les extravagants masques
et chapeaux qui conviennent si bien à l'esprit délirant
du théâtre baroque.
•
Un manuscrit inédit
Le Don Chisciotte
de Padre Martini est un manuscrit inédit, redécouvert par
le Conservatoire Italien de Paris à la Bibliothèque Musicale
de Bologne où la partition dormait depuis deux siècles.
Aucun élément ne fait état d'une représentation
à l'époque: sa re-création pour le public d'aujourd'hui
est peut-être une première exécution en absolu.
Composé en
1746, cette charmante fable lyrique est l'une des oeuvres théâtrales
les plus originales de Padre Martini, qui fut l'une des plus grandes
autorités musicales du XVIIIème siècle et
l'un des professeurs du petit Mozart.
•
Giovanni Battista Martini
né à
Bologne en 1706 et ordonné prêtre en 1729, représente
presque l'archétype du savant et de l'artiste des Lumières.
Directeur de la prestigieuse Accademia Filarmonica de Bologne, il fut
pratiquement la plus grande autorité musicale de son siècle.
ll entretint des relations avec les plus grandes personnalités
de l'époque (Gluck, Rameau, Metastase, Frédéric le
Grand, Johann Christian Bach et le petit Mozart). Sa monumentale Histoire
de la Musique et son Traité de Contrepoint font encore référence.
Il est trop peu connu pour son activité de compositeur, qui sera
ainsi remise à l'honneur.
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