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"Rythmes et danses d'un continent"

  • Dès le début de la conquête du continent américain par les Espagnols au XVème siècle, des musiques d’origine européenne puis, via les esclaves noirs, d’origine africaine, se superposèrent aux traditions millénaires des populations autochtones. De la rencontre de ces cultures à une époque coloniale naquit le style hybride qui imprègne la majeure partie des musiques latino-américaines, même si celles-ci, par la suite, présentèrent dans chaque région leur propre originalité et leur propre développement. Arrachés de leur continent et réduits en esclavage, les Africains furent déportés en masse vers le Nouveau Monde pour être utilisés comme main-d’œuvre. Or, ils contribuèrent à la variété des expressions musicales du continent américain en y important, en même temps que les instruments traditionnels et les danses, la grande richesse rythmique de leur musique.

  • Si l’influence africaine a été en Amérique du Nord à l’origine de formes musicales très spécifiques (spirituals, blues), l’emploi des instruments de musique d’origine africaine et la persistance des musiques traditionnelles sous des formes diverses - plus ou moins soumises à des processus évolutifs - sont plus marqués en Amérique centrale et méridionale, où parfois, la musique présente encore des liens particuliers avec des pratiques rituelles (à Cuba, en Haïti, au Brésil). Certains cultes précolombiens et africains, résistant à l’évangélisation des franciscains et des jésuites, engendrèrent au contact du christianisme, des religions syncrétiques. Un processus de créolisation s’ébaucha dès les débuts de la Conquête, suscitant l’émergence de genres « américains » et non plus amérindiens, africains ou européens.

  • Contredanses, quadrilles, polkas et autres seguidillas, mais aussi opéras, cantiques chrétiens, marches militaires ou chants de marins fusionnèrent avec les musiques et les danses noires, incas ou aymaras. Des pugilats acrobatiques, scandés par des chants et des instruments d’origine africaine, donnèrent naissance à la capoeira bahiane, au laghia martiniquais ou au kalinda trinidadien ; des rites de fertilité bantous se métamorphosèrent en samba au Brésil, guaguancò à Cuba, candombe en Argentine et en Uruguay. En tous lieux surgirent des formes d’expression métissées et dans les zones à forte concentration noire ou dans celles, comme en Argentine où les Noirs - aujourd’hui disparus - laissèrent néanmoins leur empreinte, musique et danse se mêlèrent d’une façon indissociable. Le tango, la samba, le mambo, le calypso ou le reggae sont à la fois des danses et des genres musicaux destinés au seul plaisir auditif.

  • Candombé : Au Brésil, tout comme à Cuba et Haïti, on pratique la musique afro-brésilienne liée au culte. Le candombé est une danse rituelle qui provient de la culture « macumba » et du vaudou. Les tambours de type africain ainsi que d’autres instruments africains accompagnent ce genre de danse. Tango Cette danse émerge du cœur même de l’arrabal (faubourg) dans l’univers des bas-fonds sordides de Buenos Aires vers la fin du XIXème siècle. Le tango est à son origine un genre de chanson de gauchos accompagnée à la guitare. Il absorbe des éléments du candombe et de la milonga, parodie, pour les Blancs, des chants de carnaval noirs, intégrée par la suite au répertoire des payadores (c’est à dire des chanteurs s’accompagnant à la guitare). La ligne de basse - syncopée - du tango provient de la habanera, importée de Cuba par des marins vers 1850 puis interprétée en Argentine sous le nom de « tango ». Vers 1895, sa chorégraphie commence à se styliser, avec certaines figures caractéristiques.

  • A l’inverse du candombe - jubilatoire - où hommes et femmes se faisaient face, le tango, frémissant et tendu, se danse joue contre joue. Il conserve néanmoins deux figures du candombe : le corte (arrêt soudain) et la quebrada (torsion du buste). Il fut joué d’abord uniquement par la guitare, ensuite par des trios de tangos composés de clarinette (ou flûte), violon et guitare (ou harpe). Le bandonéon remplacera progressivement la flûte et deviendra, avec son phrasé haché et sa plainte lancinante, l’instrument clé de cette danse. La musique, pleine de grâce et de vivacité, exprime la sensualité et la gaieté des prostituées françaises, italiennes et espagnoles vivant dans les bordels de 1900 et de leurs clients, immigrés, soldats, voleurs, marins et mauvais garçons. Dans cet univers glauque, le gaucho, héros de la Pampa, cède la place au compadre, marlou gominé dissimulant sous ses airs de bravache l’aiguillon de la misère et la terreur de l’abandon. C’est dans l’ivresse du tango, serrant contre lui sa mina (femme) qu’il prend sa revanche sur l’amertume de son destin. De 1900 à 1915, le tango chanté en « lunfardo » (argot truffé de mots italiens et français) se love dans les maisons closes et les troquets. Canaille et vulgaire, le tango de l’époque suscite le mépris de l’élite argentine, mais vers 1905 l’Europe et les Etats-Unis, grâce à l’essor du phonographe, découvrent cette danse et une véritable fièvre s’empare aussi de l’Angleterre, de l’Allemagne et de l’Amérique Latine. Après son triomphe à l’étranger la bourgeoisie se réconcilie avec le tango et l’arrivée en Argentine du jazz et des danses anglo-saxonnes concourt à la réhabilitation de cette musique. En 1930 commence une autre époque du tango. La danse s’épanouit et se raffine et la musique acquiert une portée artistique, avec un jeu lyrique et des arrangements savants. On cesse aussi de le danser et l’on se contente désormais de l’écouter. La transformation est radicale : le mouvement devient plus lent, un sentiment de mélancolie soutient ses nouvelles harmonies, un esthétisme mélodramatique qui se complaît dans la solitude, le désespoir, la mort, la fuite du temps, l’inconstance de la femme et l’absurdité de la vie justifie la très belle formule du poète Enrique Santos Discépolo : « pensée triste qui se danse ». A partir des années 60, Astor Piazzolla révolutionne le tango, introduisant le tango de concert.

  • Milonga : Pendant les dernières années du XIXème siècle la milonga était la danse plus populaire à Buenos Aires avant le tango. Le mot est certainement d’origine africaine et signifie « embrouillements et ambages ». A Buenos Aires « es una milonga » définit une chose «extrêmement désordonnée », pour prendre ensuite le sens d’« agitation », « charabia », « fête », « bal ».

  • Zamba : Danse argentine d’origine africaine, de mouvement vif, écrite d’ordinaire à 6/8. Dans les campagnes de diverses régions d’Amérique Latine on a l’habitude de danser toujours « zamba y gato », en respectant scrupuleusement l’ordre de ces deux danses. Comme la Cueca, la Chilena ou la Marinera, la zamba dérive de la Zamacueca, une danse originaire de Lima (Pérou) vers 1824. Les danseurs exécutent leur pas en tenant dans la main un mouchoir, qui joue un rôle symbolique et devient un élément essentiel pour exprimer les états d’âme et les sentiments des interprètes. Véritable « drame chorégraphique » qui peint la passion amoureuse, cette « danza de amor » a pour les Argentins une couleur en peu canaille. Dans la première partie de la danse le caballero courtise délicatement - mais avec insistance - la dame qui s’esquive, jusqu’au triomphe final qui marque sa reddition dans la seconde partie.

  • Gato : Danse populaire d’Argentine, à 6/8 à mouvement vif, qui se danse en couple avec un accompagnement de guitare. Elle fut introduite vers la fin du XVIIIème siècle en Argentine, pays où elle connut, vers le milieu du XIXème, une très grande diffusion. Elle est également en vogue au Pérou, au Chili et au Mexique.

  • Malambo : Ainsi que le gato, la danse malambo est exécutée avec un type de pas nommé « zapateo » (en espagnol zapato signifie « chaussure ») qui alterne des coups de pieds forts et légers, dans un rythme 6/8. Batuque Avec le terme de batuque ou batucada on définit au Brésil les danses populaires africaines. Un grand nombre de compositeurs brésiliens ont illustré dans leurs compositions pour orchestre leurs impressions sur le batuque (Lourenço Fernândez, entre autres).

  • Samba brasileira : Bouillonnante et spontanée, la samba est aux antipodes du tango, tragique et codifié. Avant de devenir musique de carnaval et l’un des rythmes latino-américains les plus connus à l’étranger, la samba était une danse de fertilité d’origine angolaise comportant le frottement des nombrils (« semba » signifie « nombril » en langue bantoue) et intégrée au candomblé (culte né de la fusion entre le catholicisme et les religions yoruba et congo). Les prêtres et prêtresses du candomblé, appelés familièrement « oncles » et « tantes » organisaient des fêtes où accouraient instrumentistes, chanteurs et danseurs, et, progressivement, la samba finit par perdre son caractère sacré. La samba dérive du maxixe, lequel à son tour provient du lundù, une ancienne danse afro-brésilienne. Renato Almeida, spécialiste du folklore brésilien, définit le maxixe comme « une fusion entre l’habanera (pour le rythme) et la polka (pour les pas) avec l’adoption de la syncope africaine ». La polka est d’ailleurs très populaire en Amérique du Sud encore de nos jours, surtout au Paraguay. Comme le tango à Buenos Aires, la samba éclôt dans les quartiers pauvres de Rio, où s’entassaient les Noirs. Une bouteille de cachaça (alcool de canne à sucre), quelques amis, tout est prétexte à la chanter et à la danser. Acharnée à éliminer de la ville la «racaille nègre », difficile à contrôler, la police harcèle les sambistas, confisque leurs guitares. Mais pour les Noir défavorisés, la samba constitue une affirmation de leur identité, une forme de guérilla culturelle. Succombant à son envoûtement, les Blancs adopteront finalement cette musique, son succès commercial mettra un terme à la répression et la samba deviendra, avec le carnaval, l’emblème culturel de Rio.

  • Chacarera : Danse folklorique argentine gaie et agile, elle s’exécute en couple, les deux danseurs simulant un jeu de séduction ou de galanterie. Apparentée au gato et à la zamba elle connut une extraordinaire diffusion à partir de 1850. (S.R.)

 

Gisela Melo, guitare

Née au Chili, elle débute dès son plus jeune âge des études de guitare classique à Osorno avec Luis Urrutia, puis au Conservatoire de l'Université Catholique de Valparaiso avec Emilia Marambio et Fresia Reyes. Elle termine ses études en Amérique Latine avec le 1er Prix de guitare et le diplôme de formation musicale du Conservatoire National de Santiago du Chili dans la classe de Ernesto Quezada. Elle vient ensuite se perfectionner en France avec le maître Alberto Ponce, dans la classe duquel elle obtient à l’unanimité le 1er Prix d'interprétation au C.N.R. de La Courneuve.

Toujours à la recherche de couleurs et d’approches différentes du répertoire latino-américain et européen, Gisela Melo donne de nombreux récitals en Europe et en Amérique du Sud, en soliste ou en musique de chambre avec bandonéon, quatuor à cordes, contrebasse, violon, flûte, percussions ou en duo de guitares. Elle a participé à de nombreux récitals poétiques de Borges et de Neruda sous la direction artistique de Luz Jimenez, notamment à la Sorbonne, à l'Unesco et au Centre Pompidou, à Paris.

Parallèlement à sa carrière de concertiste, elle accorde une grande importance à la pédagogie et assure des cours auprès du Centre Musical de Cergy-Pontoise et à l’Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications à Paris. En 1990, elle a obtenu le Diplôme d'Etat de professeur de guitare. Jean Cortes, contrebasse Conservatoire de Toulon (classe de violon) - Ecole Normale de musique (classe de contrebasse avec Jean-François Jenny-Clark) - Ecole de jazz du C.I.M.(classe de contrebasse avec Jean Bardy, classe d’arrangement avec Ivan Julien) Professionnel depuis 1990 (Moreno, Dorado Schmit, Michel Grailler, Patrick Saussois, Raphaël Fays, etc) Héctor Tachi Gomez, percussions Né à Santiago del Estero en Argentine, il est entièrement autodidacte et il a accompagné les musiciens les plus connus du folklore argentin (Raùl Barbosa, Viviana Vigil, Jacinto Piedra) dans des nombreux festivals en Argentine. En 1996 il arrive en France avec le chanteur Horacio Banegas, avec lequel il fait une tournée en Espagne et en Belgique et participe au 1

er Festival Argentin à Paris. Avec le groupe Iness Mezel ou des solistes comme Barbara Luna, Raùl Barbosa, Minimo Garay ou Sappho, il a participé à plusieurs émissions de Radio France et France 2 et à des tournées dans le monde entier. Programme Baden Powell : « Charà » Vicente Greco : « El cuzquito », tango Juan Cedron : « La Plantita », milonga Bruno Montanaro : « El travieso », gato Leo Brouwer : « Un dia de noviembre », valse Pablo del Cerro : « La del Campo », chacarrera Màximo Diego Pujol : « Sonatina » Atahualpa Yupanqui : « La pobrecita », tango Roland Dyens : « Tango en skaï » Delirmando Reis : « Xodo da Bahiana », batuque Màximo Diego Pujol : « Palermo » Abel Fleury : « Milongueo del Ayer » Delirmando Reis : « Se ella preguntar», valse Héctor Ayala : « Gato Malambo » Jurgen Schwenkglenks : « Bhakti » G.P. del Médico : « Romancell » Jorge Monel : « Danza brasileira » Luis Bonfa : « Manha de carnaval » Màximo Diego Pujol : « Candombe en mi »

 

 

 

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