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Page d'accueil du Conservatoire Italien de Paris NOUVEAU: Master de chant (belcanto, chant baroque) |
Festival "Les Nuits d'été au
cloître"
• Une merveilleuse comédie lyrique baroque
Don Narciso (ténor), bellâtre vaniteux, ne rêve que d'une nouvelle conquête. La jolie Mergellina, l'oiseleuse, parée de plumes et de cages, installe ses filets pour capturer des oiseaux. Don Narcisso veut la séduire, mais c'est peine perdue: Mergellina n'est pas de celles qui se laissent faire. Pourtant, devant l'insistance du fat, elle lui demande seulement en gage d'amour la précieuse bague qu'il porte à son doigt. Pour Don Narciso -- qui est prêt à tout sauf à mettre la main au portefeuille -- le coup est dur, et c'est lui qui résiste. "Dans mon pays la coutume veut que celui qui est beau ne donne pas et ne dépense pas", lui assure-t-il... Mergellina ne renonce pas pour autant et décide de se venger. Elle se déguise en Diane Chasseresse, à la tête d'un cortège de chiens, et déjà Narciso se croit, tel le berger Achéon, transformé en cerf et prêt à être dévoré par la meute. Apitoyée, Mergellina le libère et les deux amants se réconcilient. • Une délicieuse musique composée par un maître de son siècle, un contemporain de Mozart Nicolo Jommelli, contemporain de Gluck et très fameux compositeur d'opéra, n'était peut-être pas Mozart mais il n'en est certainement pas très éloigné. Son "Uccellatrice" est un "intermezzo", mini-opéra à deux personnages (ténor et soprano), une comédie "amorosa" dont les scènes comiques laissent souvent la place au lyrisme. Cette oeuvre pétillante de brio, dont la musique est une source de joie, fait partie de ce répertoire baroque italien trop souvent enseveli dans les bibliothèques que le Conservatoire Italien de Paris veut faire redécouvrir au public moderne. Nicolo' Jommelli (Aversa 1714 - Naples 1774) fut l'un des plus grands compositeurseuropéens de son époque. Après le succès de ses oeuvres à Naples, N. Jommelli fut invité dans les plus grands théâtres italiens: Rome, Bologne et Venise. En 1747, on le retrouve à Vienne où il rencontre Metastase, et en 1753 à Stuttgart comme Ober-Kapellmeister du Duc de Württemberg, où en 1763 il fait la connaissance de Mozart. Son "Uccellatrice" fut représentée pour la première fois au théâtre San Giovanni Grisostomo de Venise en 1750. Après l'exemple de Pergolèse (La Serva padrona), Jommelli transforme le genre de l'intermède en ce qui deviendra un peu plus tard l'opéra comique. Jommelli est d'ailleurs de plus en plus redécouvert à notre époque: William Christie a tout récemment représenté un de ses opéras. Résumé du livret Don Narciso, un bellâtre vaniteux, flâne dans les
bois en rêvant de sa prochaine amante: "Chi ha perduto l'amoroso ?
Donne belle, eccomi qua !" (Qui a perdu son amoureux ? Belles femmes,
me voilà !). Il rencontre Mergellina, une jeune oiseleuse qui, en
compagnie de son serviteur Lesbino, installe ses filets pour capturer
des oiseaux: "Non fuggirete dalla mia rete, no" (Vous n'échapperez pas
à mes filets, non). Il la prend d'abord pour une nymphe, puis pour
Diane, et après quelques mots, pense l'avoir séduite. "V'ho capito,
occhi furbetti della bella uccellatrice" (Je vous ai compris, petits
yeux malicieux de la belle oiseleuse). Mais Mergellina a remarqué la
belle bague qui orne son doigt, et décide de lui jouer un tour: elle
l'emprisonne dans ses filets, et rit de sa déconfiture. La voyant partir, Don Narciso s'indigne. Revenant, Mergellina lui dit tout net qu'il ne lui plaît pas. "Con me vuoi fare l'amore, povero minchione ! Ma sei matto" (Tu veux être mon amant, pauvre idiot, mais tu es fou). Don Narciso ne peut le croire: "Basta cosi, mia lodoletta, non fingere più, sei cotta per me !" (Assez, mon alouette, cesse de feindre: tu es éprise !) Mergellina entre, en vendant ses oiseaux: "Chi vuol
comprar la bella calandrina" (Qui achètera la belle calandrelle), mais
pestant contre son métier, elle repense à Don Narciso. Elle a appris
qu'il est riche, un peu sot, et son gros diamant est bien tentant. Dire
qu'il l'a prise pour Diane Chasseresse ! Le voyant revenir, elle se
promet de profiter de l'occasion. Don Narciso, qui la prend toujours
pour la Déesse, s'inquiète de sa froideur et proteste de son amour.
Mergellina lui demande alors sa bague, comme gage d'amour. C'est trop
pour Don Narciso, qui refuse en arguant d'une vieille coutume: "Chi è
bello non dona, Chi è bello non spende !" (Celui qui est beau ne donne
pas, celui qui est beau ne dépense rien !). Mergellina insiste
alternant cajolerie et fureur déchaînée "Ma voglio quell' anello, che
sì mel darete" (Je veux cet anneau, et vous me le donnerez). Inquiet de
tenir tête à une déesse, Don Narciso s'imagine alors qu'il va subir le
sort d'Actéon, que Diane changea en cerf pour le faire dévorer par ses
chiens. Et entendant au loin des aboiements, il se croit déjà
transformé en bête et pourchassé par la meute. "Già sento i cani,
brutti cani che vengono arrabbiati "(J'entends déjà les chiens,
d'horribles chiens qui arrivent, enragés). Mergellina revient, déguisée en Diane, et ordonne à ses chiens de l'encercler. Don Narciso est si effrayé qu'il n'ose même plus demander grâce, persuadé d'être changé en cerf. Il promet son anneau à la belle, qui l'empoche sur le champ. Mergellina alors le tranquillise, en lui assurant qu'il est bien toujours le beau Narciso. Les deux jeunes gens se réconcilient. Car pour Mergellina, "La virtù d'un viso bello, mi fa tutta innamorar" (Un beau visage me séduit tout entière). "La virtù d'un bell'anello, fa le ninfe innamorar" (Un bel anneau séduit les nymphes), rétorque Don Narciso. Et tous deux repartent ensemble à la chasse.
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