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Page d'accueil du Conservatoire Italien de Paris NOUVEAU: Master de chant (belcanto, chant baroque) |
Les
Nuits d'été au cloître Seconde
édition Direction
artistique: Salvo Romeo contact: 06 74 59 54 64 www.conservatoire-italien.net
19,
21, 24 et 26 août 2010 à 21h30 « La
Nuit du Phoenix » Voyage
autour du Belcanto Mi-kyung
Kim,
soprano Kyung-son
Yoo,
clavier 24,
rue des Archives – Paris 4ème Programme:
A. Caldara (1670-1736) :
Selve amiche
(La
costanza in amor vince l'inganno) A. Scarlatti (1660-1725) :
Le violette
(Il Pirro e Demetrio) M.A. Cesti (1623-1669) :
Intorno all'idol mio
(Orontea) G.B. Pergolesi (1710-1736) :
Se tu m'ami Ch. Gluck (1714-1787) :
Oh, del mio dolce ardore
(Paride ed Elena) W. A. Mozart (1756-1791) :
Deh, vieni non tardar
(Noces de Figaro) W. A. Mozart: Un
moto di gioia
(Noces
de Figaro) W. A. Mozart: Porgi
amor
(Noces
de Figaro) G. Paisiello (1740-1816) :
Il mio ben quando verrà
(Nina pazza per amore) V. Bellini (1801-1835) :
Malinconia
(extr. de Sei Ariette) V. Bellini:
Vaga
luna (extr.
de Sei Ariette) V. Bellini:
Eccomi
in lieta vesta/ Oh quante volte….! (I Capuleti e i Montecchi) G.
Rossini (1792-1868) :
Bel
raggio lusinghier
(Semiramide)
La
nuit du Phoenix, le belcanto dans le feu de la
passion
Prêt à nouveau à
accueillir dans ses murs les passionnés du bel canto... Littéralement,
l'expression "bel canto" signifie "beau chant", et
désigne donc une manière d'écrire ou de chanter la musique avec une
voix
équilibrée et des façons harmonieuses. Cette expression, qu'une
certaine
tradition populaire assimile encore parfois aux diverses manifestations
de
l'opéra romantique du XIXème siècle, définit en fait une manière de
chanter et
un style musical correspondant à une période bien plus ancienne de
l'histoire
du chant italien. Né de père inconnu, ce
nouveau terme se substitua aux expressions buona maniera di
cantare
(Caccini), puis buon canto (Burney, 1772). Mais il
s'agit bien du même
art, dont G. Caccini pose déjà les bases (Prefazione alle
nuove musiche,
1614), que définissent P.F.Tosi (Opinioni…, 1723) et
G.B.Mancini (Riflessioni…,
1774) et auquel se réfère encore au XIXème siècle Garcia, le célèbre
chanteur père de la
Malibran et de
Pauline Viardot. De manière schématique, le
chant soliste ne trouva son plein épanouissement que lorsque la monodie
eut supplanté la polyphonie, donnant naissance à
l'art savant de l'opéra,
de la cantate ou de l'oratorio;
avec ses premiers défenseurs,
Monteverdi puis Cavalli, les premières constantes du bel canto
s'appliquent non
seulement à l'aria avec passages, mais au récitatif, qui, d'abord
défini comme recitar
cantando (= parlé-chanté), se confond parfois avec l'aria,
exigeant
la même qualité de chant. Le "vrai" bel
canto serait donc celui du XVIIIe italien, c'est-à-dire le répertoire
baroque, où la fascination pour l'instrument vocal est la
première
motivation du spectateur. La priorité donnée à la beauté du chant, non
seulement dans l'interprétation, mais également dans une écriture
musicale
spécifique, où la prosodie du texte mis en musique obéit aux impératifs
du
chant, de sa respiration (d'où la symétrie des périodes), du dosage des
registres de la voix, du choix des voyelles employées dans ces
registres, etc. L'obligation faite au
chanteur, en certains endroits prévus du texte, d'enrichir la ligne de
chant
écrite par une ornementation appropriée, ainsi que celle de pratiquer
sur les
points d'orgue des passages ou cadences de virtuosité vocale de sa
composition laissent
deviner une origine plus ancienne, vraisemblablement héritée des chants
alléluiatiques de la liturgie. On en déduit que le bel
canto exigeait, de la part de l'interprète, une parfaite connaissance
des lois
de l'écriture, ainsi qu'une maîtrise vocale fondée sur un exceptionnel
contrôle
du souffle et sur une virtuosité spécifique qui dépassait, à cette
époque,
celle des instrumentistes; cette virtuosité permettait d'une part de
longues
tenues et des nuances expressives, dont notamment la messa
di voce (note enflée puis diminuée), d'autre part l'exécution
de différents types de trilles, de gammes rapides diatoniques ou
chromatiques,
piquées ou liées, d'arpèges, etc. Cet art, que possédèrent
au plus haut point les castrats d'opéra - véritables divas de l'époque
- eut
pour véhicule, en particulier, la forme de l'aria
da capo "inventée" par A. Scarlatti
vers 1680,
où le chanteur est tenu d'ornementer très largement la
redite de la section
initiale, démontrant ainsi, à la fois, sa science et sa maîtrise
vocale, même
si au final l'intérêt dramatique de l'opera
seria pâtit. Il faut remarquer que
l'écriture belcantiste ne fut pas l'apanage exclusif des castrats,
mais s'appliqua à tous les types vocaux, de la voix de basse,
soumise à
une grande virtuosité (Palantrotti, interprète de Caccini, puis Boschi
et
Montagnana aux temps de Haendel), à celle du soprano :
Francesca Cuzzoni
et Faustina Bordoni-Hasse, au début du XVIIIe siècle,
Elizabeth Billington
et Brigida Banti, plus tard, rivalisèrent
avec les grands castrats sur ce
terrain. L'apogée du bel canto se
situe peu après le milieu du XVIIIe siècle (Haendel, Vivaldi,
Hasse,
Porpora, Jommelli, Cimarosa, certains Mozart & Salieri... ). À
la fin du
XVIIIe siècle, même si l'œuvre vocal de Haydn, de Mozart ou de
Cimarosa se
rattache encore en bien des aspects au bel canto, nous assistons à un
changement radical. Après 1813, Rossini, en codifiant les règles de cet
art si
intimement lié à celui de l'improvisation, en rédigeant lui-même la
plupart de
ses « passages », permet déjà au compositeur de
prendre ses distances
par rapport au genre, dont le déclin est encore précipité par la
progressive
disparition des castrats. Avec
le romantisme naissant, l'esthétique belcantiste est mise à
mal par l'évolution du goût, le rejet des sujets mythologiques et,
d'une
manière générale, de l'idéalisation. La poétique des Schiller, Hugo ou
Dumas
appelle un nouveau style de chant accordé à une dramaturgie soucieuse
de vérité
plus immédiate, de passions exacerbées. Une déclamation davantage
calquée sur la métrique du langage parlé, un accent plus mordant et
– fait
nouveau – un souci de vraisemblance dans la représentation des
personnages
d'opéra sont autant d'éléments incompatibles avec l'esthétique
belcantiste. Le
contralto travesti cède la place au ténor, l'ambiguïté sexuelle est
abolie et
avec elle la typologie vocale qui prévalait jusqu'alors. L'esprit belcantiste
survécut néanmoins grâce à quelques interprètes, ceux qu'avait formés
Rossini,
d'abord la Malibran et Giuditta Pasta, le ténor Rubini ou la basse
Tamburini,
ensuite, ceux dont le répertoire demeura étranger aux vagues
romantiques et
naturalistes, et le premier romantisme (celui de Donizetti, et surtout
de
Bellini) cultivera une certaine nostalgie des formes extérieures du
belcantisme. Leurs héroïnes féminines
apparaissent dans des atours vocaux inspirés d'une certaine
idéalisation ou
d'un angélisme innocent, et les mélismes de la vocalisation contribuent
à les
préserver du commun. Une agilité belcantiste tient lieu d'idéalisation
à
Juliette (I Capuleti e i
Montecchi) comme à Amina (La Sonnambula), à Elvira (Les Puritains) ou
à Lucia (Lucia di Lammermoor).
Quand la femme prend les traits d'une
prêtresse (Norma), d'une reine (Anna Bolena) ou, plus généralement,
d'un être
hors du commun, c'est au vocabulaire néo-belcantiste que les
romantiques ont
recours pour sublimer ses élans, vengeurs ou arrogants. La cantilène
délicatement fleurie exprime par ailleurs la suavité et la tendresse de
ces
âmes sensibles. Dans la seconde moitié du
XIXème siècle les frontières se brouillent et, bien que la période
charnière
soit très mal documentée, c'est à partir de Verdi qu'on date la rupture
définitive avec le belcanto, qui devient plus rugueux. Si pour le belcanto du
XVIIIe, les 'numéros' de bravoure étaient très fermés, encadrés de
récitatifs
dits "secs", accompagnés simplement par la basse continue ;
dans
le belcanto romantique, on trouve plus d'ensembles (et moins d'airs en
enfilade), et les récitatifs sont accompagnés par l'orchestre, ce qui
diminue
l'impression de rupture. (S.R.) * * * * * Mi-kyung Kim, soprano: Après avoir obtenu un
diplôme de formation supérieure en chant lyrique classique à l’Université Kyunghee de
Séoul, elle
devient ensuite pendant quelques années professeur de chant en Corée,
enseignant à un public varié : chorales d’adultes, candidats au
concours
d’entrée à l’université et jeunes enfants pour l’éveil musical. En 1997, elle s'installe
en Allemagne pour suivre un cycle supérieur de perfectionnement comme
soliste
d’opéra, à la prestigieuse Musikhochschule de Berlin et la Hochschule
für Musik
de Dresde. Elle y travaille sous la direction vocale du baryton Jürgen
Hartfiel
et participe à des Masterclasses dirigées par Brigitte Fassbaender,
Walter
Berry et Sir Colin Davis. Sous la direction de
Jörg-Peter Wiegle, elle joue le rôle de Lauretta lors des
représentations de
l’opéra Gianni Schicchi de Puccini au théâtre de
Meißen et sous la
baguette de Sir Colin Davis un mémorable concert « Mozart » , avec des
extraits
des Noces de Figaro, au Sächsische Staatsoper (le
célèbre Semperoper de
Dresde). Suite à son mariage avec
un Français, elle quitte l’Allemagne pour s’installer en France. Elle
participe
en tant que soliste à des concerts de musique sacrée, comme le Te
Deum
de Dvorak ou des messes de Haydn à la cathédrale de Senlis et à
l’église Saint
Germain des Prés. Elle prend part à des concerts avec des amis
instrumentistes
et donne en solo des récitals où elle mélange les airs
d'opéra, son domaine
de prédilection, avec des œuvres religieuses, des Lieder
allemands, de
la mélodie française, italienne et coréenne. Kyungsun Yoo, clavier: Ayant
commencé la musique très tôt, la pianiste coréenne Kyungsun Yoo mène
une
scolarité entièrement tournée vers la musique d’abord au Collège des
Art de
Sunhwa puis au Lycée des Arts de Séoul. Ensuite, elle entre au
département de
musique de l’université Yonsei, à Séoul, dont elle sort en 2007 avec un
Diplôme
de Formation Supérieure. Durant toutes ces années de formation
initiale, elle
multiplie les prix dans de nombreux concours nationaux. En octobre
2007, elle
intègre l’École normale de Musique de Paris dans le cycle Professionnel
Supérieur et y obtient en 2009 son Diplôme Supérieur d’Enseignement à
l’unanimité dans la classe de Bruno Rigutto. |