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Master class international

Dimanche 19 décembre 1999 - 17h45

« Soirée Kurt Weill »

Selima Al-Khalaf, chant - Richard Bachand, piano

Pour son dernier concert du millénaire le C.I.P. a choisi de rendre hommage au compositeur allemand Kurt Weill - dont on célébrera en 2000 le centenaire de la naissance.

Dans le Berlin des années ’20, métropole européenne et chatoyante scène artistique progressiste avant la tombée de la nuit nationale-socialiste, la morale sociale se désagrège de la manière la plus évidente et le cabaret devient le lieu privilégié de l’oubli du monde extérieur : lieu idéal pour s‘abandonner - corps et âme - à l’insouciance et aux divertissements.

Qualifiée ignominieusement d’ « inculture judéo-bolchevique » et désormais mise au ban, l’étincelante scène de variété berlinoise des Années folles, marquée par la présence d’artistes tels que Weill, Brecht, Hollaender, Nelson, Dietrich etc., éteignit ses lumières en 1933.

Des milliers d’artistes et d’intellectuels quittèrent l’Allemagne pour l’exil, d’autres connurent les horreurs des camps de Westerbok et de Theresienstadt ou trouvèrent la mort à Auschwitz.

Kurt Weill (1900 - 1950)

Elève du grand compositeur et pianiste italien Ferruccio Busoni qui l’accusait de chercher à devenir un « Verdi du pauvre », Kurt Weill restera à jamais lié au prophète du théâtre moderne, Bertolt Brecht.

Leur collaboration, commencée en 1927 avec le Songspiel « Mahagonny », visait à un projet esthétique commun d’un renouvellement radical du théâtre.

Persuadé que l’art théâtral de l’avenir ferait appel à la musique, mise bien sûr au service du dramaturge - même dans un opéra -, Bertolt Brecht s’approcha de Weill : c’est ainsi que furent crées « Die Dreigroschen opera » (1928), « Der Lindberghflug » (1928) et « Die sieben Todsünden » (1933).

L’Allemagne entière se trouva alors emportée dans une véritable « fièvre de l’Opéra de Quat’sous » : partout on chantait et sifflait les mélodies de Weill, les orchestres de jazz des grands hôtels faisaient danser sur cette musique, que l’on entendait aussi jouée par chaque violoniste de quartier.

Nul n’aurait pu augurer un tel succès, et les deux auteurs probablement moins que personne.

Ecrite pour des acteurs sachant chanter, « L’Opéra de Quat’sous » inaugure un nouveau type de théâtre musical populaire, plus proche de la comédie musicale américaine et de la ballade populaire berlinoise que de l’opéra.

Ce mélange de musique de ragtime, d’opérette, de musique populaire et de contrepoint deviendra la marque propre du style de Weill : dans sa fusion d’éléments les plus disparates, l’œuvre est un produit typique de la scène artistique berlinoise des années ’20 et en constitue en même temps l’un des sommets absolus.

Ainsi que la langage dont se ert Brecht, qui allie le vigoureux allemand de Luther au jargon des malfaiteurs, aux anglicismes et aux clichés du langage familier, la partition de Weill procède pareillement dans un mélange d’éléments baroques, de formules provenant de la musique légère, de formes de ballade et de complainte.

Le style song ainsi mis au point constitue une innovation unique : d’une part par l’utilisation d’instruments de jazz dans l’orchestre qui créent une nouvelle couleur sonore, de l’autre par les nouveautés rythmiques dérivées des danses en vogue à l’époque, tango, fox-trot, blues.

A cela s’ajoute comme élément stylistique essentiel la création d’un type jusqu’alors inconnu d’actrice et chanteuse : cette « femme ou putain - à la fois ingénue et infâme - qui doit chanter dans un soprano aigu d’une pureté angélique » des sordides stories de whisky, de souteneurs, de prostitution et de crime.

Son œuvre étant interdite en Allemagne par les Nazis, Kurt Weill quitta son pays en 1933, et après un séjour à Paris (1933-34) et un voyage à Londres (1935), il se rendit à New York avec sa femme, la chanteuse et célèbre interprète de ses œuvres, Lotte Lenya.

Il y mourut en 1950.

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Selima Al-Khalaf

De mère allemande et de père irakien, son parcours artistique est complètement original et atypique, allant de l’école de cirque de Annie Fratellini et Pierre Etaix jusqu'à Carmelo Bene, l’enfant prodige du théâtre italien, ou encore le CNSM de Paris...

Découverte du Festival d’Avignon 1993, elle se fît remarquer par sa voix dans « Le Langage des Oiseaux », un spectacle de danse et musique inspiré d’un poème persan du XIème siècle de Farid Uden-Attar.

Dans ce spectacle elle a réussi à réaliser un mariage heureux entre ses deux origines irako-allemandes, l’Orient et l’Occident, l’opéra et le chant populaire, en interprétant ses propres musiques, d’un post-romantisme teinté d’orientalisme.

Remarquée par la presse, elle a obtenu le rôle de Jenny et Polly dans l’ « Opéra de Quat’sous » à l’Opéra d’Aquitaine Bayonne en janvier 1994.

Elle se produit régulièrement à Paris et en Allemagne.

Richard Bachand

Pianiste et chef de chœur, il est né aux USA de parents canadiens-français. Après des études de piano aux Etats-Unis (Ecole Dalcroze, New York) et à Paris (avec Jeanne Manchon-Theis, J. Fassina et P. Leavitt), il a donné de nombreux récitals des deux côtés de l’Atlantique et il a été soliste pour le Boston Pops Orchestra sous la baguette d’A. Fiedler.

Chef fondateur du chœur d’hommes CIGAP, il a également dirigé le chœur du chanteur américain de Negro’s spirituals Avon Stuart (The Voice of Freedom) et actuellement il dirige le groupe gospel de l’ESCE.

 

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